Bac de compost rempli de déchets de cuisine et matières organiques

Que mettre dans un compost : le guide complet des bons déchets

Composter permet de transformer les déchets organiques en un amendement fertile pour le jardin. Encore faut-il savoir ce qui peut être utilisé et ce qu’il vaut mieux écarter.

La plupart des déchets d’origine végétale peuvent aller au compost. En respectant quelques règles, on obtient un compost de qualité, sans odeurs ni déséquilibres.

Les matières à mettre dans votre compost

Le composteur fonctionne avec deux types de matières, les matières riches en azote dites vertes et humides, et les matières riches en carbone dites brunes et sèches. Les premières apportent l’humidité et les nutriments. Les secondes donnent de la structure et favorisent l’aération.

Les déchets de cuisine compostables

La cuisine génère une grande partie des apports utiles au composteur. Voici ce que vous pouvez y intégrer sans hésitation :

  • Épluchures de fruits et légumes : carottes, pommes, courgettes, poivrons… tous vos restes végétaux crus ou cuits sans sauce grasse.
  • Peaux de banane : elles se décomposent rapidement et apportent du potassium. Retirez simplement les étiquettes plastiques avant.
  • Marc de café et filtres en papier : à intégrer directement. Limitez marc et sachets de thé à environ 15 % du volume total pour éviter un excès de compacité.
  • Sachets de thé sans agrafe : vérifiez que le sachet ne contient pas de plastique avant de l’ajouter.
  • Coquilles d’œufs : broyez-les en petits morceaux pour accélérer leur décomposition. Elles jouent le rôle de matière brune.
  • Papiers et cartons non traités : boîtes d’œufs, rouleaux de papier toilette, emballages kraft. Déchirez-les en petits morceaux.
  • Pain sec émietté : en petites quantités seulement, bien mélangé à des matières brunes pour éviter moisissures et nuisibles.

Les restes de repas d’origine végétale, comme les pâtes, le riz ou la purée sans sauce, peuvent être compostés en petite quantité. Ils doivent toujours être mélangés à des matières sèches pour limiter les risques de fermentation et préserver l’équilibre du compost.

Épluchures, marc de café et coquilles d'œufs compostables

Les déchets verts et bruns du jardin

Le jardin fournit les deux grandes familles nécessaires au compost. Les matières vertes regroupent la tonte de gazon, les fleurs fanées, les fanes de légumes, les pieds de tomates ou de courgettes ainsi que les mauvaises herbes sans graines. Les matières brunes rassemblent les feuilles mortes, la paille, les brindilles, les copeaux de bois non traités et la sciure.

Ces matières brunes jouent un rôle essentiel. Elles empêchent le tassement, assurent une bonne aération et facilitent l’activité des micro-organismes.

Il est aussi possible d’ajouter des fumiers d’herbivores comme le cheval, la poule, le lapin ou la chèvre. Ces apports sont riches en azote et améliorent le compost, à condition de les mélanger avec des matières carbonées et de ne pas les utiliser frais directement sur les cultures.

Un conseil pratique : découpez ou broyez les éléments volumineux avant de les ajouter. Plus les morceaux sont petits, plus la décomposition est rapide.

Ce qu’il ne faut jamais mettre au compost

Certains déchets perturbent le compostage, attirent des nuisibles ou peuvent contaminer le sol. Ils doivent donc être exclus du composteur de jardin.

Les viandes, poissons et produits laitiers se décomposent, mais demandent des températures élevées que l’on n’atteint pas dans un compost domestique. Ils provoquent aussi des odeurs fortes et attirent les rongeurs. Ils doivent être dirigés vers la collecte des biodéchets.

Les plantes malades, qu’il s’agisse de mildiou ou d’autres maladies, ne doivent pas être compostées. Un compost domestique ne chauffe pas assez pour détruire les agents pathogènes, ce qui peut entraîner une nouvelle contamination du jardin.

Voici les autres matières à bannir absolument :

  • Bois traité, peint ou verni : il peut contenir des métaux lourds, des solvants ou des colles qui contaminent le sol.
  • Résineux (thuyas, ifs, cupressus) : ils contiennent des substances toxiques et se décomposent très difficilement.
  • Plastiques et matières synthétiques : même ceux étiquetés « compostables » ne se dégradent pas dans un bac de jardin.
  • Produits chimiques : peintures, solvants, pesticides, huiles minérales, mégots de cigarette et poussière d’aspirateur sont à proscrire sans exception.
  • Huiles de cuisson en grande quantité : elles forment des couches compactes, bloquent l’aération et génèrent des odeurs.
  • Excréments d’animaux carnivores : chien et chat peuvent transmettre des pathogènes dangereux dans un compost domestique non thermophile.

Les terres, sables et pierres ne doivent pas être ajoutés au compost. Ils alourdissent le mélange sans apporter de matière organique utile et ralentissent le processus de décomposition.

L’équilibre idéal entre matières humides et sèches

Un compost efficace repose sur un bon équilibre entre matières humides et matières sèches. La règle la plus courante consiste à mélanger environ autant de déchets verts que de déchets bruns.

Le Muséum national d’Histoire naturelle recommande une approche légèrement différente, avec davantage de matières humides par couche, tout en alternant avec des matières sèches. Dans tous les cas, l’objectif reste identique, nourrir les micro-organismes tout en assurant une bonne aération du mélange.

Comment savoir si votre compost est bien équilibré ? Observez-le et ajustez au fil des apports :

  • Odeur d’œuf pourri ou de fermentation : trop humide. Ajoutez des matières brunes (feuilles, carton, paille).
  • Pas de décomposition visible, matière sèche : pas assez humide. Ajoutez des matières vertes ou un peu d’eau.
  • Matière compacte et lourde : aérez avec une fourche et incorporez des matières structurantes.

Il est aussi important de varier les apports. Un compost composé d’un seul type de matière, comme uniquement de la tonte ou du carton, se dégrade moins efficacement. Un mélange diversifié améliore l’équilibre et accélère le processus.

Compost équilibré avec alternance de matières humides et sèches

Les cas particuliers à connaître

Certains déchets posent des questions fréquentes au compostage.

Les agrumes comme le citron ou l’orange peuvent être compostés, mais en petite quantité. Leur acidité peut déséquilibrer l’activité microbienne. L’idéal est de les mélanger systématiquement avec des matières brunes.

Les épluchures de pommes de terre sont acceptées, mais avec prudence. Si elles proviennent de tubercules malades, comme en cas de mildiou, il vaut mieux les éviter pour ne pas contaminer le compost.

L’ail, l’oignon et l’échalote suivent la même logique. Ils sont compostables, mais en quantité limitée, car ils peuvent ralentir l’activité des micro-organismes.

Les coquilles d’œufs peuvent être ajoutées sans problème. Il est préférable de les broyer avant incorporation. Elles apportent du calcium et s’intègrent comme une matière minérale proche des apports bruns.

En revanche, les œufs entiers ou les restes d’œufs crus (blanc, jaune) sont à éviter dans un compost domestique. Ils attirent les nuisibles et se décomposent lentement en dégageant des odeurs.

La viande et le poisson ont leur place dans des filières industrielles ou des composteurs thermophiles professionnels, pas dans votre bac de jardin. Orientez ces déchets vers la collecte séparée de biodéchets de votre commune.

Comment démarrer et structurer votre composteur

Le composteur se met en place en commençant par la base, puis en alternant les couches.

Au fond, installez une couche de matières brunes grossières comme des branchages, des copeaux, de la paille ou des feuilles mortes. Cette base améliore le drainage et permet à l’air de circuler sous le compost.

Ensuite, alternez les couches en respectant l’équilibre humides/sèches :

  1. Une couche de matières humides (épluchures, tontes, restes végétaux) sur 5 à 10 cm.
  2. Une couche de matières sèches (feuilles, carton déchiré, paille) sur 5 à 10 cm.
  3. Répétez l’alternance à chaque apport.

Terminez toujours par une couche de matières brunes pour recouvrir les apports frais. Cela réduit les odeurs et limite l’arrivée des nuisibles.

Brassez régulièrement le compost avec une fourche ou un aérateur. Cette aération apporte de l’oxygène aux micro-organismes et accélère la décomposition. Dans un composteur collectif, le principe reste le même, avec des volumes plus importants et une diversité d’apports plus naturelle.

Le compost est prêt lorsqu’il prend l’aspect d’une terre sombre, homogène et avec une odeur de forêt. Le processus prend en général entre six et douze mois selon les conditions et la régularité des apports.

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